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Vous croyez que le coût de revient ne s'applique pas à votre organisation?

Christian Babbini

Christian Babbini
, FCPA, FCMA
Fondateur et vice-président, Stratégie
DECIMAL
 


L’évaluation du coût de revient dans une entreprise m’a permis récemment de faire plusieurs constats. Entre autres, le nombre exorbitant de fichiers Excel, la nécessité de revoir certains inducteurs mais surtout, la perception incorrecte de ce qu’un coût de revient devrait être. Et vous, comment percevez-vous le coût de revient?


Selon vous, combien existe-t-il de méthodes de coût de revient? Pour être honnête avec vous, je l’ignore moi-même. Il y en a toujours un ou une qui invente quelque chose de nouveau. En fait, ce n’est pas nécessairement nouveau. La nouveauté, c’est l’enrobage marketing qui entoure le nouveau venu. 

Depuis près de 25 ans que je fais du coût de revient, que je donne et assiste à des formations/conférences, que je participe à des panels et à des centres de recherche sur le sujet, laissez-moi vous dire que c’est pas mal toujours la même chose d’année en année et que finalement, le coût de revient n’est pas si sorcier que ça. Il faut juste une bonne dose d’huile de coude, de l’imagination et du gros bon sens.

Pourquoi cette chronique sur le coût de revient? Vais-je aussi être l’une de ces personnes à inventer une nouvelle méthode? Et bien non. C’est tout simplement ma dernière rencontre avec une entreprise manufacturière qui m’a fait réaliser à quel point le sujet est mal perçu. Et ce n’est pas du tout relié à la technique choisie.

Voici le topo, je prends le temps de rencontrer les responsables des finances, des opérations et du coût de revient. Je fais les visites des lieux qui s'imposent, rédige un rapport présentant une foule d’enjeux et de recommandations à apporter à leur coût de revient… Mais lors de ma présentation, je m’aperçois que mon message ne passe pas! Étonné, je demande à avoir une rencontre seul à seul avec le responsable des finances afin de bien comprendre pourquoi le message n’est pas bien passé.

Après une bonne discussion avec cette personne, je réalise qu’elle s’attendait à ce que je la conseille sur ‘LA' méthode de coût de revient à utiliser. Et encore plus problématique, la haute direction aurait eu vent d’une méthode à privilégier. Vous comprendrez que n’ayant pas abordé moi-même ladite méthode, les gens des finances étaient un peu déstabilisés et auraient de la difficulté à vendre leur projet de renouvèlement du coût de revient. Dans les faits, le vent de fraicheur dont la direction parlait était le coût de revient par processus. Sans vouloir offenser qui que ce soit, cette méthode est aussi vieille que le monde… comptable. Ce n’est ni plus ni moins qu’un bon vieux ‘’bill de matériel’’ avec un ‘routing’. Je ne voudrais certainement pas balayer d’un revers de main toutes les innovations, idées et développements des dernières années sur le sujet. Là où les choses se sont réellement améliorées depuis, c’est dans l’utilisation plus judicieuse du coût de revient.

Après avoir réalisé que le problème était un problème de perception et non pas de recommandation, ce fut très facile pour moi de remettre leur projet sur les rails.

La leçon à tirer de cet  évènement, comme c’est le cas pour bien des sujets, autant à la maison qu’au bureau, c’est la communication, la perception et le vécu des gens qui ont une grande incidence sur les décisions. C’est ce qui explique qu’il m’arrive de recommander la 'marque sans nom' comme méthode de coût de revient…  Au bout du compte, ce qui importe, c’est de bien prendre le pouls de son entreprise, de bien comprendre les enjeux et les objectifs. Sans quoi, vous risquez de vous embarquer dans une aventure qui pourrait ne pas répondre à vos besoins et vous en sortirez frustré d’avoir investi autant de temps et d’argent sans en avoir retiré ce que vous cherchiez.  

MAIS VOUS, SAVEZ-VOUS VRAIMENT CE QUE VOUS CHERCHEZ?